Dans le cadre du Printemps du cinéma et en partenariat avec la Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine
En présence de Manuel Embalse, monteur du film, et Jean-François Lagu, spécialiste du Paraguay
Film documentaire Paraguay 2025 1h30 vostf
Présentation :
120 heures d’images d’archives : voilà ce qu’il reste des 35 années de dictature de Stroessner au Paraguay (1954/1989). A partir de ce corpus d’images rares retrouvées partout dans le monde, Juanjo Pereira reconstruit l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXème siècle, dont les effets perdurent encore aujourd’hui. Un pays où la police réprime toute tentative de manifestation, et où règnent les fils des dirigeants de la dictature de Stroessner. Et c’est toujours le parti Colorado d’extrême-droite qui poursuit son travail de sape dans un pays, l’un des plus inégalitaires du monde.
Une analyse critique :
« La spécificité du contexte paraguayen fait de la simple existence de ce film une prouesse. En raison du contrôle total exercé par la dictature au très long cours sur les citoyens, les médias et les institutions, il serait euphémistique d’écrire que la mémoire audiovisuelle du Paraguay souffre d’un angle mort. Juanjo Pereira et ses collaborateurs ont dû eux-mêmes constituer un fonds relatif aux plus sombres années du pays en collectant des enregistrements chez des particuliers au Paraguay et en arpentant des archives à l’étranger. Cette internationalité des sources insuffle au film une construction en champs-contrechamps, suffisamment éloquente pour se délester d’une voix off : d’un côté, l’imagerie officielle, propagande décomplexée vantant la démocratie et la paix… ; de l’autre, les prises de vue étrangères qui font entendre une autre réalité, hantée par des militants torturés et des paysans spoliés, in fine assassinés…
« Derrière les drapeaux, le soleil » use également de retours en arrière décélérés… Par ce geste et dans son ensemble, le film investit ainsi le montage dans toute sa puissance : autant pour se saisir de l’ampleur des horreurs passées que pour imaginer une ère où le fascisme pourrait littéralement rétrocéder. » « Cahiers de cinéma » mars 2026 (extraits)